Un article du Soir du le métier d’écrivain public

L’écrivain public prête des mots aux maux

Catherine Makereel

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Le Soir, mercredi 20 mars 2013 (édition en ligne)

Ecrivain public, un métier du passé ? Loin s’en faut. Les quelques permanences qui existent en Belgique ne désemplissent pas. Symptôme d’une détresse invisible, ignorée. Bien souvent, ceux qui les fréquentent savent lire et écrire mais n’ont pas accès à « l’écrit », un problème bien plus vaste. Oui, il y a encore des analphabètes, au sens large.

A l’Espace Citoyen de Marchienne-au-Pont, on peut faire la file pour le service social, l’espace emploi, le bureau d’aide juridique, le service du logement et … l’écrivain public. On prend un numéro et on attend son tour pour s’attabler en face de Mohamed Moussaoui, de permanence ce jeudi après-midi. Mohamed dispose d’un bureau à l’Espace Citoyen mais il préfère s’installer dans un coin de la cafétéria: « C’est plus convivial » avoue-t-il. Mohamed veut abolir toute frontière avec ceux qu’il reçoit à la table de la cafèt’ : « Je ferme l’écran de mon ordinateur portable pour enlever tout obstacle entre nous. Je ne suis pas là pour exercer un quelconque pouvoir mais pour les mettre en confiance. Parfois, certains réclament la confidentialité et je les emmène alors dans mon bureau mais le plus souvent, ils veulent qu’on entende leur histoire. »

C’est donc par là que commence Mohamed : il écoute. Il tente de comprendre le contexte, éclaircir la demande. Celui-là, Congolais de 63 ans, veut écrire une lettre au service de contentieux de son logement social pour alerter sur un problème de voisinage. Fabrizio, la quarantaine, a reçu une lettre du tribunal pour se porter partie civile dans une affaire qui l’oppose à son ancien patron, qui s’est déclaré en faillite et a disparu sans lui payer plusieurs mois de salaire. Henri, est venu pour une amie, pour l’aider à écrire une lettre à un huissier à propos d’un recouvrement de dette. Et puis, il y a cette femme et sa fille, incapables de faire face à des factures galopantes et venues résilier leur contrat auprès d’un fournisseur en télécom. Mohamed écoute, patiemment, les histoires de chacun, retourne parfois dans ses archives pour retrouver des courriers précédents, des adresses, des noms, et puis se met à rédiger. « Bon, je vous lis et si vous voulez changer quoi que ce soit, vous me le dîtes, d’accord ? » …

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